Après la violente flambée des derniers jours, la situation se calme en ce début de journée. Cela s’explique par de nouveaux développements diplomatiques au Proche-Orient et à Washington, bien que la réalité physique des stocks reste historiquement tendue.
Sous l’égide de Washington, Israël et le Liban sont parvenus à un nouvel accord pour mettre en œuvre un cessez-le-feu. Cette trêve reste conditionnelle : le Hezbollah doit cesser totalement ses attaques et retirer ses combattants au nord du fleuve Litani. Au début de la semaine, une incursion israélienne vers Beyrouth avait poussé l’Iran à menacer de geler ses propres négociations avec les États-Unis. Ce revirement d’Israël, sous la pression de Washington, permet de détendre l’atmosphère, même si Téhéran tempère en signalant qu’aucun progrès tangible n’a encore été réalisé sur le plan bilatéral.
Parallèlement, le Congrès américain accentue la pression politique sur Donald Trump. La Chambre des représentants a voté une résolution réclamant la fin de la guerre contre l’Iran, rappelant qu’une déclaration formelle du Congrès est obligatoire pour toute intervention militaire non défensive. Bien que ce vote soit avant tout symbolique (le texte devant encore passer le Sénat et risquant un veto présidentiel), il envoie un signal fort de désescalade.
Publiées hier après-midi, les statistiques officielles du Département américain de l’Énergie (DOE) ont confirmé l’extrême tension du marché physique. Les stocks de brut aux États-Unis ont plongé de -8 millions de barils pour la semaine close au 29 mai, un recul bien plus massif que les -6,8 millions estimés par l’API. Cette baisse s’explique par des exportations américaines record, qui tournent à plein régime pour compenser le blocus de la mer Rouge et du détroit d’Ormuz. À ce sujet, Donald Trump a affirmé qu’Ormuz pourrait rouvrir immédiatement dès la signature d’une déclaration d’intention avec l’Iran, tout en concédant qu’un long travail de déminage des eaux serait indispensable.
Fondamentalement la tendance reste haussière. Même si la détente politique au Liban offre un répit, les analystes de l’ING Bank rappellent que le déficit accumulé a considérablement entamé les stocks mondiaux. Le processus de normalisation des flux maritimes prendra plusieurs mois, ce qui maintient une sous-alimentation structurelle du marché.
Le léger repli des cours à l’échelle internationale compense la hausse enregistrée en fin de journée hier. On s’attend ce matin à une évolution assez stable à très légèrement haussière des prix du mazout.

