Le marché pétrolier poursuit sa phase de correction. L’optimisme grandissant autour d’un accord imminent entre Washington et Téhéran prend le dessus sur les tensions militaires récurrentes et les perturbations physiques de l’offre.
La situation diplomatique progresse à pas de géant. De retour de Doha, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bager Qalibaf, a qualifié les discussions de « positives ». Le dernier point de friction majeur concerne désormais la modalité de déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés. Un accord sur tous les autres volets – y compris la réouverture du détroit d’Ormuz – semble donc scellé.
L’accord se dessine en deux étapes : la phase 1 actera la réouverture progressive du trafic maritime et la libération d’une partie des fonds, tandis que la phase 2 traitera du dossier nucléaire. En signe de bonne foi, Téhéran a déjà laissé passer deux supertankers bloqués depuis mars, libérant ainsi 4 millions de barils. Malgré les diatribes anti-américaines de l’Ayatollah Khamenei et les récentes frappes chirurgicales des États-Unis contre des poseurs de mines, le secrétaire d’État américain Marco Rubio se montre confiant et évoque une finalisation d’ici quelques jours.
Pour s’affranchir définitivement de sa dépendance passée au gaz russe, l’Allemagne s’apprête à signer un accord stratégique majeur avec le Canada. Le ministre canadien de l’Énergie, Tim Hodgson, doit officialiser ce mercredi un partenariat en Colombie-Britannique. Ce projet de 7,2 milliards de dollars, porté côté allemand par l’entreprise nationalisée SEFE, permettra d’exporter jusqu’à 12 millions de tonnes de GNL par an vers l’Europe.
La tendance fondamentale à moyen terme reste qualifiée de neutre. Si la perspective d’un armistice fait fondre la prime de risque géopolitique, plusieurs banques et analystes (Westpac, MST Marquee) rappellent qu’une réouverture technique et sécurisée d’Ormuz prendra des mois. Le déficit physique réel ne va pas s’effacer d’un coup, ce qui devrait limiter l’ampleur de la baisse à court terme. À noter que les statistiques des stocks américains (API et DOE) sont décalées d’un jour cette semaine en raison du jour férié de lundi aux États-Unis.
La glissade nocturne des produits raffinés à Londres combinée à la solidité du franc suisse offre une nouvelle séance de baisse des prix du mazout.

