Alors que la trêve entre les États-Unis et l’Iran expire ce soir à minuit, l’incertitude reste totale : diplomatie de la dernière chance ou reprise des hostilités ?
La grande question qui agite les salles de marché est la participation de l’Iran aux négociations prévues aujourd’hui au Pakistan. Téhéran refuse de négocier sous la menace tant que le blocus maritime américain n’est pas levé. De son côté, Donald Trump reste inflexible : le blocus ne sera levé qu’après la signature d’un accord définitif. Malgré cette impasse apparente, la délégation américaine menée par JD Vance est en route pour Islamabad, espérant un miracle diplomatique de dernière minute orchestré par la médiation pakistanaise.
Si les prix se stabilisent ce matin, certains analystes craignent que le marché ne soit trop optimiste. La réalité physique est brutale : le détroit d’Ormuz est quasiment désert (seuls trois navires ont tenté la traversée ce matin) et les pays voisins comme le Koweït ont déjà dû déclarer la force majeure sur leurs livraisons. L’Irak tente désespérément de détourner ses flux vers la Méditerranée via la Turquie, mais ces alternatives ne suffiront pas à combler le vide laissé par le blocage du Golfe.
La Société Générale rapporte que l’envolée des prix a déjà réduit la demande mondiale de 3 %. Si le blocage persiste un mois de plus, le déficit pourrait atteindre 1,3 milliard de barils, propulsant le pétrole vers les 110 ou 115 dollars dès le deuxième trimestre 2026. À l’inverse, une simple extension de la trêve ce soir provoquerait une détente immédiate.
Le marché est techniquement dans une phase de correction descendante. Le Brent stagne autour de 94 dollars ce matin. En l’absence de nouvelles concrètes d’Islamabad, les investisseurs évitent de prendre des positions massives.
La situation offre un répit inattendu. Malgré la tension géopolitique, la baisse des produits raffinés (Gasoil) hier soir permet d’anticiper une baisse des prix du mazout ce mardi matin.

