Le marché pétrolier démarre la semaine dans une atmosphère de doute généralisé. Les tentatives de Donald Trump d’imposer un « convoi de la liberté » dans le détroit d’Ormuz sont accueillies avec prudence, voire méfiance, par les investisseurs qui doutent de leur efficacité réelle.
Donald Trump a annoncé le lancement d’une initiative d’escorte navale américaine pour protéger les navires marchands bloqués dans le Golfe. Si Washington affirme être prêt à utiliser la force pour garantir la navigation, le marché reste peu convaincu. L’Iran a déjà qualifié cette mesure de violation de la trêve, faisant craindre une nouvelle escalade militaire. La réalité sur le terrain est sombre : un tanker a été touché par des projectiles dimanche, confirmant que le détroit reste une zone de combat active.
L’Iran a soumis un nouveau plan de paix en 14 points, exigeant la levée des sanctions et le retrait des troupes américaines sous 30 jours, tout en évitant soigneusement la question du nucléaire. Pour l’heure, la Maison-Blanche rejette cette proposition, la jugeant insuffisante. Les deux camps semblent campés sur leurs positions, laissant le marché dans une impasse où seule la force semble dicter le calendrier.
Le cartel, désormais privé des Émirats arabes unis (sortis le 1er mai), a annoncé une augmentation de production de 188 000 barils par jour pour juin. Cette mesure est largement considérée comme de la politique symbolique : la quasi-totalité des pays membres étant incapables de faire sortir leur pétrole par Ormuz, ces quotas supplémentaires resteront virtuels.
Le pétrole se stabilise au-dessus de la barre des 100 dollars, mais la dynamique haussière s’essouffle. Techniquement, nous observons une correction bienvenue après les sommets records de la semaine dernière. La tendance reste toutefois volatile, avec une préférence pour une approche « neutre à baissière » à court terme en l’absence de percée diplomatique. En ce sens, les prix du mazout sont en baisse ce matin.

