Le marché de l’énergie entre dans une phase de panique ce jeudi matin. Une nouvelle escalade majeure au Moyen-Orient propulse les cours vers des sommets : le Brent s’envole bien au-delà des 112 dollars, tandis que le Gasoil enregistre une hausse vertigineuse de plus de 90 dollars.
Le conflit a franchi un point de non-retour mercredi. L’Iran a rapporté des frappes massives contre South Pars, l’un des plus grands gisements de gaz au monde. Donald Trump a rapidement désigné Israël comme responsable, précisant que les États-Unis n’étaient pas impliqués. En représailles immédiates, Téhéran a frappé les installations de GNL au Qatar, notamment le complexe de Ras Laffan, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales de gaz liquéfié. Cette extension des cibles aux infrastructures de production fait craindre des pénuries structurelles de long terme, bien au-delà du simple blocage des routes maritimes.
Les analystes sont de plus en plus alarmistes. Si les attaques directes contre les sites de production se généralisent, la barre des 120 dollars ne sera plus un sommet mais un point de départ. Certains experts évoquent désormais des scénarios entre 140 et 160 dollars pour le Brent. La pression monte sur Washington : Donald Trump a menacé l’Iran de nouvelles mesures si les infrastructures du Qatar étaient encore visées, tout en envisageant l’envoi de troupes au sol pour sécuriser la région.
Bien que la Fed ait maintenu ses taux hier, son discours reste prudent face à l’inflation énergétique galopante. Aujourd’hui, les yeux se tournent vers la BCE, mais ses décisions risquent d’être reléguées au second plan face à l’urgence géopolitique qui dicte désormais seule la loi du marché.
Pour le marché intérieur la situation est critique. L’accalmie de mercredi n’était que passagère. Ce jeudi matin, les prix du mazout affichent des hausses significatives par rapport à hier matin.

