Info Mazout du 17 mars

Après une légère pause hier après-midi, grâce aux premières injections des réserves stratégiques (AIE), les prix repartent à la hausse, poussés par une nouvelle série d’attaques ciblées contre les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient.

La stratégie de harcèlement de Téhéran s’intensifie. Aux Émirats arabes unis, le champ gazier de Shah a dû suspendre sa production suite à un incendie provoqué par une attaque de drones iraniens. Au même moment, en Irak, le méga-gisement de Majnoon a lui aussi été visé, touchant notamment des installations utilisées par des entreprises américaines. Ces attaques répétées renforcent la crainte que le conflit ne se limite plus au blocage du détroit d’Ormuz, mais vise désormais la destruction physique des capacités de production régionales.

Le répit offert lundi par les annonces de l’AIE (notamment le Japon qui abaisse ses seuils de stockage et les États-Unis qui lancent leurs premiers échanges de barils) s’est vite estompé. Bien que le baril de Brent soit brièvement repassé sous les 100 dollars hier, il s’est rapidement repris. Les investisseurs estiment que ces barils ne compensent pas encore la perte réelle de l’offre physique, d’autant que les alliés de Washington hésitent toujours à s’engager militairement pour sécuriser les convois maritimes.

En plus du conflit, le marché garde un œil sur les banques centrales. La Fed commence sa réunion de deux jours aujourd’hui. Les déclarations de Jerome Powell demain soir seront cruciales : un ton plus ferme pour lutter contre l’inflation énergétique pourrait doper le dollar et, par ricochet, freiner mécaniquement la hausse des prix du brut.

La situation reste donc précaire. Après les quelques baisses enregistrées hier après-midi, la tendance s’inverse ce mardi matin. Les prix du mazout affichent un potentiel de hausse, portés par le regain de tension dans le Golfe et la fermeté des cours internationaux.