Info Mazout du 13 mars

Le marché pétrolier boucle l’une des semaines les plus volatiles de son histoire. Malgré les efforts diplomatiques et financiers de Washington pour freiner l’envolée des cours, le baril de Brent se maintient au-dessus de la barre psychologique des 100 dollars.

Pour tenter de stabiliser les prix, les États-Unis ont accordé une seconde dérogation d’urgence. Cette mesure autorise, pour une durée de 30 jours, l’achat de cargaisons de pétrole russe déjà en mer. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a précisé qu’il s’agissait d’une action limitée et à court terme visant à compenser la disparition brutale du brut en provenance du Moyen-Orient. Cette décision s’ajoute à la libération historique de 400 millions de barils issue des réserves stratégiques mondiales.

L’AIE a lancé un avertissement sévère : la paralysie actuelle est la plus grave depuis les chocs pétroliers des années 1970. On estime qu’environ 10 millions de barils par jour (soit 10 % de la production mondiale) sont actuellement hors ligne. L’escalade ne montre aucun signe de ralentissement puisque de nouvelles attaques ont visé des tankers dans le Golfe, et le nouveau Guide suprême iranien a exclu toute réouverture rapide du détroit d’Ormuz.

Les analystes soulignent que les mesures américaines (réserves stratégiques et pétrole russe) ne sont que des « pansements » temporaires. Elles ne règlent pas le problème de fond, à savoir la rupture physique des approvisionnements à long terme.

La semaine se termine donc sur une note de prudence. Après les fortes hausses de jeudi, les prix du mazout suivent une tendance stable à légèrement baissière ce vendredi matin, offrant un fragile répit avant un week-end qui s’annonce à nouveau sous haute tension.